Colloque « Les Discours de l’Imposture », 19 et 20 juin 2019, salle C100 de l’Université

Colloque « Les Discours de l’Imposture », 19 et 20 juin 2019, salle C100 de l’Université

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La question de l’analyse du discours de l’imposture recentre les enjeux autour de la véridiction, du mensonge, et des outils critiques qui permettent de dénoncer un mécanisme que l’on croit, à tort ou à raison, percevoir dans le discours d’un pair aux yeux d’un tiers. Il n’est donc pas question d’analyser ici la relation « imposture/enquête » et la « fiction jubilatoire » de l’imposture (Maxime Decout, Pouvoirs de l’imposture) mais de s’intéresser d’un point de vue structural aux discours de l’imposture.

Du point de vue de la réception, pour que l’imposture puisse être analysée comme un phénomène linguistique, il faut d’une part connaître la vérité et la recevoir pour vraie puis transformer la certitude acquise en outil logique de révélation du vrai. Existe-t-il des marqueurs propres du discours de la dénonciation, de la révélation destinés à renforcer la part de vérité contre le mensonge ? Quelle forme discursive la sincérité prend-elle quand elle se heurte au mensonge, à la manipulation et à l’insincérité ? Comment la vérité se démêle-t-elle des filets rhétoriques du mensonge et de la manipulation ?

Du point de vue de l’émetteur, la question rejoint très directement la question de la mauvaise foi telle que traitée à l’occasion de la journée d’étude de février 2019 à Dijon: c’est un enjeu de lexique, de repérages contrastifs qui met en cause l’éthos de la personne dans un rôle institutionnel. Peut-on repérer des marqueurs du discours d’imposture, ou tout du moins des « échelles argumentaires » (O. Ducrot) propres à l’imposture et liées par exemple aux enjeux de la conviction (postures du réel dans le discours), de la déception (le non-dit), du renversement de la charge accusatoire, de la réduction des arguments défensifs (le point Godwin)…

La littérature, qui fourmille d’anecdotes liées aux récits d’impostures, peut-elle témoigner des enjeux politiques, culturels, civilisationnels de l’imposture ?

La question des institutions prend enfin dans cette perspective une place importante dans la mesure où elle ne se conçoit que dans la relation à un collectif stable, sociologiquement construit et dont le rôle distribue des fonctions auxquelles les individus tendent à se conformer dans l’espoir d’en tirer un bénéfice: la famille comme l’illustre le retour de Martin Guerre, les gouvernements, la science, le politique, le religieux… L’imposture doit donc être analysée à l’aune de cette dimension sociale où le discours, qu’il soit une imposture ou un moyen de la dénoncer, est un enjeu central de la polémique…ou de la controverse.

PROGRAMME

Mercredi 19 juin 2019

Présidence de séance:
Franck Neveu,
Sorbonne Université 

Isabelle Barbéris
Université Paris 7 Diderot
Quand l’art vivant devient garant de la vérité: quelques postures épistémiques

Franck Neveu
Sorbonne Université
L’imposture et la langue

Patrick Charaudeau
Université paris 13, CNRS LCP Irisso
Imposture, mensonge, dénégation, mauvaise foi:
quand les mots se confondent, il faut y mettre de l’ordre conceptuel

Xavier-Laurent Salvador
Université Paris 13
Humanités Numériques; la guerre du faux ?

PAUSE DÉJEUNER

Présidence de séance:
Pierre-André Buvet
Directeur de TTN

Michel Bernard
Université Sorbonne Nouvelle
Lexique(s) de l’imposture

Jean Szlamowicz
Université de Bourgogne
L’imposture épistémologique des discours idéologiques ou la séduction des concepts

Gaël Lejeune
Sorbonne Université
Illusions Artificielles  et Réelles Impostures

Sarah Sandré
Université paris 13
Frankenstein et la double imposture

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Jeudi 20 juin 2019, 9h00
salle C100 de l’UFR LLSHS, Université Paris 13

Présidence de séance:
Juliette Vion-Dury
Université Paris 13

Yana Grinshpun
Université Sorbonne Nouvelle
L’imposture identitaire et la rhétorique victimaire

Alexis Poulin
Journaliste au Monde Moderne
Nouvelles impostures démocratiques

Isabelle Blondiaux
LIPHA-Paris Est
Discours scientifique et imposture

Romain Garnier
Université de Limoges
La notion de proto-langue n’est pas un mythe

PAUSE DÉJEUNER

Présidence de séance:
Xavier-Laurent Salvador,
 Université Paris 13

Francis Kierszenbaum
Université Sorbonne Nouvelle
Imposture et vérité : responsabilité et accompagnement en entreprise

Céline Guillemet-Bruno
Sorbonne Université
l’imposture traductologique dans la Bible Historiale

Lucien Castex
Internet Society France, Sorbonne Nouvelle
Impostures juridiques

Fabrice Issac et Laetitia Haroutunian
Université paris 13
Discours médical, scientifique et populaire