Colloque international « La Phraséologie Française : sens, co-textes, contextes »,24-25 mai 2018

La phraséologie française : sens, co-textes, contextes

Colloque international, 24-25 mai 2018

 Lieu : Université Marie Curie-Skłodowska de Lublin (Pologne)

 

 

 

Organisateurs :

–          Université Marie Curie-Skłodowska de Lublin

–          Université Sorbonne Paris Cité, Paris 13

Responsables : Anna Krzyżanowska et Salah Mejri

 

Présentation :

Les études phraséologiques connaissent actuellement un grand essor, notamment dans le domaine français. En témoignent le nombre des numéros de revues, les colloques et les multiples applications qui leur sont consacrés ces dernières années. Malgré cette abondante littérature qui cherche à cerner les spécificités de ce phénomène complexe, il y a lieu de constater que l’aspect sémantique demeure relativement peu étudié.

Bien qu’il s’agisse d’un aspect récurrent dans les analyses, on se contente le plus souvent d’en faire un critère très peu développé. Autant les critères rattachés au degré de figement sont détaillés dans leur forme et selon la nature des séquences concernées, autant l’aspect sémantique est réduit à un petit nombre d’éléments d’analyse en rapport avec la compositionnalité et la non-compositionnalité du sens des séquences figées, leur opacité et leur transparence, la globalité du sens, etc.

Le colloque sera l’occasion de reprendre ces concepts à la fois d’un point de vue thématique et appliqué en vue d’en évaluer la pertinence épistémologique et de voir en quoi ils pourraient participer à l’élaboration de tests sémantiques aussi rigoureux et aussi performants que les tests formels. Or comme le sens n’est pas une donnée tangible, il relève le plus souvent d’une interprétation qui présuppose l’intervention de plusieurs paramètres dont nous retenons les trois suivants :

–          la nature hétérogène du sens des séquences figées qui implique, en plus des opérations de conceptualisation et de catégorisation, un ensemble de processus sémantiques comme la synthèse sémantique, la figuration, la stéréotypie, etc.

–          la combinatoire externe des phraséologismes dont l’interaction avec la combinatoire interne détermine les emplois effectifs des unités polylexicales et offre aux locuteurs toutes les possibilités sous-jacentes à ce phénomène tant au niveau de la structuration des énoncés, qu’à ceux de leur marquage thématique et des différents enchaînements qu’ils connaissent et évidemment les défigements auxquels les séquences donnent lieu ;

–        l’interaction avec le contexte extralinguistique, notamment de type énonciatif, et les contraintes auxquelles cet ancrage pragmatique donne lieu, faisant ainsi de la linguistique un support privilégié du culturel et inscrivant certaines séquences (comme les énoncés formulaires) dans les rituels langagiers.

Tous ces aspects concourent vers une meilleure délimitation de la dimension sémantique des phraséologismes, qu’il s’agisse de langues générales ou de langues spécialisées. Trois approches complémentaires seront privilégiées :

–          une approche théorique axée sur les aspects heuristiques de la phraséologie ;

–          une approche descriptive privilégiant le détail de fonctionnement et de structuration de phénomènes spécifiques ;

–         une approche appliquée exploitant et vérifiant les différents acquis des descriptions linguistiques dans des domaines aussi variés que l’enseignement des langues, la traduction, la lexicographie et le traitement informatique.

Enseignement du français aux sinophones anglicisants – 31 mai 2018 Villetaneuse (France)

Organisée par Salah MEJRI, Lichao ZHU et Angélique MASSET-MARTIN
31 mai 2018 Villetaneuse (France)

L’apprentissage d’une langue étrangère est pour l’apprenant une mise à l’épreuve constante entre les systèmes linguistiques de L1 et de L2. L’intuition linguistique chez l’apprenant, forgée par sa langue maternelle, constitue une barrière à franchir dès le début de son apprentissage. Chez les apprenants polyglottes, les interférences des différentes langues pratiquées auparavant s’ajoutent aux obstacles dans l’acquisition de la langue française. Les apprenants sinophones du français dont la plupart pratiquent déjà un dialecte, le mandarin et l’anglais font face à des faits de langues qui deviennent pour eux des sources de confusion. De plus, enseigner le français aux sinophones constitue un défi particulier. D’une part, le français et le chinois (le mandarin) sont typologiquement éloignés ; d’autre part, la conception du monde et la culture d’apprentissage des deux peuples sont parfois diamétralement opposées. La linguistique contrastive est, dans ce cas de figure, précieuse pour comparer et appréhender mutatis mutandis les systèmes des langues dans l’apprentissage (Alvarez et Perron, 1995 ; Sörés, 2008).

En Chine, l’enseignement du FLE dispensé de manière traditionnelle (Robert, 2009) qui est construit autour de la méthode grammaire – traduction (version et thème) n’a pas connu d’évolution importante durant les deux dernières décennies (Vallat, 2011). Cette méthode, fortement liée à la tradition de la didactique chinoise, exige que les apprenants réfléchissent en chinois afin d’assimiler les règles du français dont ils n’ont pas encore connaissance (Besse, 2011). Elle permet certes aux apprenants d’acquérir une base solide de la langue, mais handicape ces derniers quant à la communication et à la compréhension des discours. En France, les établissements français ne disposent pas de pédagogies spécifiques destinées aux apprenants sinophones, malgré le nombre croissant de ces derniers dont la culture d’apprentissage est méconnue (Bouvier, 2002 ; Robert, 2002).

Des ressources lexicographiques, phraséologiques et textuelles (sous forme de dictionnaires, de bases de données et de corpus alignés) doivent être constituées afin d’assister les enseignants dans leur pédagogie et les apprenants dans leur apprentissage. Leur exploitation devrait permettre des choix raisonnés lors de l’élaboration des cours et de la conception des activités et des exercices. De nouveaux outils d’enseignement et d’apprentissage du français (Mooc, e-learning, etc.) modifient le paysage d’enseignement du FLE. Dans ce contexte, des approches telles que l’approche actionnelle (Pu, 2011), l’approche culturelle (Demougin, 2008), l’approche par compétences (Beacco, 2011), etc. pourront voir élargis leurs champs d’application.

https://francaisino.sciencesconf.org

Programme du Congrès Mondial de Linguistique française [Institut de Langue Française, Mons, 9-13 juillet 2018]

Le sixième Congrès Mondial de Linguistique Française est organisé par l’Institut de Linguistique Française (ILF), Fédération de Recherche du CNRS (FR 2393) qui est sous la tutelle de cet organisme et du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. L’ILF regroupe vingt laboratoires de recherche, qui sont les co-organisateurs de ce congrès en partenariat avec de nombreuses associations nationales et internationales. Une telle organisation, conjointement prise en charge par vingt unités de recherche, est exceptionnelle par son ampleur et la volonté de partenariat scientifique qu’elle révèle.

Le premier Congrès Mondial a été organisé à Paris par l’ILF en 2008, le deuxième à La Nouvelle- Orléans, le troisième à Lyon en 2012, le quatrième à Berlin en 2014 et le cinquième à Tours en 2016. Chacun de ces cinq congrès a attiré plus de 300 participants et les résultats ont fait l’objet d’unepublication immédiate en ligne accompagnée de l’édition en un volume des résumés des actes.

Ce congrès est organisé sans aucun privilège d’école ou d’orientation et sans exclusive théorique ou conceptuelle. Chaque domaine ou sous-domaine, chaque type d’objet, chaque type de questionnement et chaque problématique portant sur le français peut y trouver sa place.

Le CMLF est organisé en sessions thématiques qui permettent de balayer la plus grande partie du champ scientifique : (1) Discours, pragmatique et interaction, (2) Francophonie, (3) Histoire du français : perspectives diachronique et synchronique, (4) Histoire, Épistémologie, Réflexivité, (5) Lexique, (6) Linguistique de l’écrit, linguistique du texte, sémiotique, stylistique, (7) Linguistique et didactique (français langue première, français langue seconde), (8) Morphologie, (9) Phonétique, phonologie et interfaces, (10) Psycholinguistique et acquisition, (11) Ressources et outils pour l’analyse linguistique, (12) Sémantique, (13) Sociolinguistique, dialectologie et écologie des langues, (14) Syntaxe.

Chaque thématique est pilotée par un Président et coordonnée par un Vice-président (membre du Comité directeur de l’ILF, ou bien choisi par ce comité). Les comités scientifiques comportent une proportion équilibrée de spécialistes français et étrangers. Un soin particulier a été accordé à la sélection des comitésafin de s’assurer qu’ils présenteront les plus grandes garanties scientifiques pour le succès du congrès. On trouve donc dans chaque comité des linguistes connu(e)s mondialement pour leur contribution au domaine. Le rôle de ces comités est de sélectionner les propositions de communications.

Consulter le programme du CMLF 2018

Lien Vers l’ILF

 

Dire(s) au Moyen Âge – Journée d’étude TTN (13 juin)

Journée d’étude du 13 juin 2018

Première journée du Lab’ TTN

13 juin 2018 – 10h-17h (Université Paris 13 Villetaneuse, UFR LLSHS Salle des séminaires (E117)

 


lien [Fabula.org]

PROGRAMME DE LA JOURNÉE ET DES PARTICIPANTS

10h

Accueil des participants
Pierre-André Buvet
TTN – Paris 13

Voix françaises de la Bible Historiale
Xavier-Laurent Salvador
 TTN – Paris 13

Les hétérodoxes minoritaires et la traduction française de la Bible au XIIe siècle : Valdès et Lambert le Bègue.
Vladimir Agrigoroaei
CESCM de Poitiers – UMR 7302

Vision(s) patrimoniale(s) des discours minoritaires
Christine Jablonski
Conservatrice des monuments historiques à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne
&
Aurélia Chevalier 
Restauratrice du patrimoine, DIM « Matériaux anciens et patrimoniaux »

14h

La langue du blason et ses locuteurs au Moyen Âge
Laurent Hablot
Directeur d’Etudes à l’EPHE

Les Langues de Marie
Denis Hüe
Professeur émérite à Rennes 2

Le livre de Jonas de la Bible française du 13e siècle
Clive Sneddon
Professeur à l’Université de St Andrews en Écosse

Table ronde « Archives et patrimoine à l’heure du numérique »
Vladimir Agrigoraei, Christine Jablonski, Laurent Hablot, Clive Sneddon, Fabrice Issac

Point Merléac et Conclusions (17h)

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Porteur du projet: Xavier-Laurent Salvador 

Comité scientifique: Pierre-André Buvet (EU TTN), Fabrice Issac (EU TTN), Chantal Zabus (EU TTN), Salah Mejri (TTN) , Elisabeth Belmas (IRIS, GIS « Jeu et Société »), Juliette Vion-Dury (GIS « Jeu et Société »)

Comité organisateur:  Hannah Freundlich, Sarah Sandré, Laetitia Haroutunian

Journée organisée avec le GIS « Jeu et Société »

UDPN : DE LA COLLECTION AU CORPUS : LE PROJET « MÉMOIRE(S) ORALE(S) DE L’INSTITUT FRANÇAIS DE PRESSE ».

Séance mai, séminaire 2017-18
Date : vendredi 18 mai 2018, de 10:00 à 13:00
Lieu : Université Paris 3, Sorbonne Nouvelle, Centre Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 Paris (salle Las Vergnas, 3e étage)

Le réseau UDPN a pour objet d’étudier les usages et les nouvelles pratiques engendrés par la numérisation du patrimoine. La programmation des sessions 2015-2016 et 2016-2017 du séminaire UDPN a permis de manifester des rapprochements entre différents types de numérisation, de matériaux et de méthodes. Le séminaire 2017-2018 “Patrimoines numérisés : acteurs et pratiques” permet au réseau de ne pas cesser d’actualiser les angles d’approche ; de pérenniser les thèmes de recherche et d’envisager leur intégration dans des parcours de formation.

L’objectif scientifique poursuivi par le réseau est l’étude des pratiques des acteurs et usagers de la numérisation du patrimoine, en interrogeant les nouveaux rapports entre conservation, recherche, éducation et création déterminés par la numérisation du patrimoine. Il s’agit de mettre en œuvre une étude des pratiques en cherchant à décrire le processus de patrimonialisation et à préciser ses rapports avec les démarches de valorisation et de médiatisation.

Cette séance est intitulée « De la collection au corpus : le projet « Mémoire(s) Orale(s) de l’Institut Français de Presse », est coordonnée par Marie Dupond (UDPN, USPC), Céline Ferjoux (CARISM, Chaire académique Audiovisuel et Numérique, Univ. Paris II, Panthéon Assas), Matteo Treleani (GERIICO, Univ. Lille 3). Elle sera consacrée à la présentation du cadre méthodologique et théorique du projet « Mémoire(s) Orale(s) de l’IFP » mené par Laurence Crohem et Isabelle Demier et qui a abouti à une projection vidéo réalisée dans le cadre de la journée de commémoration des 80 ans de l’Institut Français de Presse de l’Université Paris II.

Cette séance se donne pour objectif d’ouvrir un espace de dialogue pour échanger autour des bonnes pratiques et de permettre de s’interroger ensemble sur les notions théoriques qui les sous-tendent.

Les thématiques qui seront abordées vont des pratiques de collecte et de traitement des archives orales jusqu’à la mise en réseau des documents vers la constitution d’un corpus de recherche qui interrogerait l’écriture de la mémoire orale d’une institution comme historiographie d’une discipline, les Sciences de l’Information et de la Communication. Cette séance propose de parcourir un terrain traversé par les questionnements communs aux digital humanities, aux recherches ethnographiques sur le statut des archives orales, aux rapports entre littératies numériques et sciences du document mais aussi à ceux relatifs à la culture des organisations, l’histoire des marques (Brand History) et l’histoire culturelle.

Plus d’informations: http://www.udpn.fr/spip.php?article296

 

Équipe émergente Théories, Textes, Numérique / SÉMINAIRE DES DOCTORANTS / 30 avril, campus Villetaneuse / « Extraction d’information et lecture critique (semi)-automatique par Laetitia Haroutunian » et « Étude de pragmatèmes : salutations, injonctions et jurons » par Carmen González Martín

Le deuxième séminaire des doctorants de l’équipe TTN aura lieu le lundi 30 avril 2018 à 10h en salle E121 (salle de réunion) dans le bâtiment de l’UFR LLSHS, au campus Villetaneuse. Vous trouverez ci-joint le programme.
Où ? Couloir E, salle E121 (salle de réunion) UFR LLSHS, Campus Villetaneuse Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité :

Extraction d’information et lecture critique (semi)-automatique. Application à la littérature évaluative en prévention-promotion de la santé par Laetitia Haroutunian (doctorante)

Les revues de littérature scientifique dans le domaine de la santé sont des outilsprécieux d’aide à la décision publique et de soutien aux pratiques professionnelles. Dans lechamp de la médecine, elles permettent d’indiquer les thérapies et pratiques médicales les plus efficaces, à partir de l’analyse narrative et/ou statistique d’études originales. Dans le champ de la prévention-promotion de la santé, ces revues permettent de repérer les interventions les plus efficaces et les plus efficientes, d’évaluer leur acceptabilité et leur faisabilité dans un certain contexte et pour une population cible, mais aussi d’en mesurer les facteurs d’échec ou de réussite. Leur élaboration est cependant plus complexe dans le champ de la prévention-promotion de la santé : pluralisme des populations et des approches, difficulté d’évaluer sur le long terme, présence de facteurs de confusion ; les interventions sont par ailleurs dépendantes de facteurs sociétaux, structurels, réglementaires,économiques, et doivent prendre en compte plusieurs types d’études: qualitatives, expérimentales, observationnelles.

Ce travail de revue peut ainsi se révéler fastidieux par le volume important de productions scientifiques ; entre 2000 et 4000 références bibliographiques sont ajoutées chaque jour dans la seule base de données Medline1, et une recherche documentaire peut retourner des centaines voire des milliers de résultats pour un même sujet. La productiond’une revue de littérature est donc très coûteuse en temps, pouvant mobiliser des expertspendant parfois plus d’un an selon les moyens consacrés.

Les techniques de traitement automatique du contenu textuel apparaissent dans ce contexte comme une opportunité pour faire face à ce « déluge de données ». Ces dernières se sont plutôt concentrées sur les phases de recherche d’information ou d’aide à la lecture des résumés (« screening »). Les travaux ont toujours porté sur de la littérature clinique expérimentale, plus rarement sur des études observationnelles.

L’objectif de ce travail de thèse est de proposer une aide à la lecture critique parl’identification des caractéristiques principales des études et de leur méthodologie. La méthode sera ici symbolique et statistique, avec une importance accordée à la structurediscursive et les zones argumentatives de l’article scientifique. D’un point de vue plusconceptuel, il s’agit ici d’interroger le paradigme entre traitement de l’information scientifique et santé publique fondée sur des preuves (besoin d’exhaustivité vs. surabondanced’information) ; de proposer une réflexion sur la littérature scientifique et son écosystème dans un contexte de « big data » ; d’évaluer dans quelle mesure une tâche experte telle quela lecture critique peut être confiée à un traitement automatique.

Étude de pragmatèmes : salutations, injonctions et jurons par Carmen González Martín (doctorante)

Premièrement, nous commencerons par une réflexion : dire Bonjour !, Bonsoir ! dans une langue semble facile et essentiel, mais il y des contraintes qui sont souvent imperceptiblespour le locuteur natif. Ce type d’expressions sont celles que Mel’čuk a appelés pragmatèmes :il s’agit de phrasèmes compositionnels non libres, restreints par la situation de communication extralinguistique dans laquelle ils sont employés. Précisons, qu’un phrasème est une séquence figée qui se compose d’au moins, deux unités lexicales et qu’une séquence est ditecompositionnelle quand son signifié est le résultat des sens des composantes lexicales formant partie du phrasème. Le terme pragmatème regroupe des expressions très diverses comme Ne quittez pas [au téléphone], Défense de fumer [sur un panneau], Chaud devant ! [dans un restaurant].

L’attention que les auteurs ont portée à des énoncés liés à une situation d’énonciation n’estpas récente, de nombreux auteurs ont traité cette question depuis les origines de la pragmatique. Ainsi, nous passerons en revue les différentes études à ce sujet et nous présenterons les caractéristiques formelles des pragmatèmes.

Deuxièmement, notre travail est une étude contrastive entre les pragmatèmes du français etde l’espagnol. Étant donné que les contextes dans lesquels ont emploi ces phrasèmes est trèsvaste nous l’avons délimité à trois : les salutations, les injonctions et les jurons. Ce travail est une description lexicologique de ces Unités Phraséologiques et pour ce faire, nous avons définis des critères d’analyse que nous appliquerons à chaque pragmatème du français et de l’espagnol.

Finalement, nous montrerons que les pragmatèmes sont très fortement liés à la culture dupays de la langue, dans ce cas, la France et l’Espagne. La dimension interculturelle de ces UPest l’un des éléments essentiels dans leur analyse.

 

Hall Of Fame des Tweetos en Humanités Numériques … réactive sur le site de TTN

Nous reprenons la publication du « Hall of Fame », et d’autres widgets du sorte, en lien avec les #humanitesnumeriques sur le site de TTN, tout ça grâce à @BaseXdb:

 

UDPN: APPEL À CONTRIBUTIONS / SIGNATA 12 / SÉMIOTIQUES DE L’ARCHIVE

Échéance : 1er novembre 2018

Contacts : Maria Giulia Dondero, Andreas Fickers, Gian Maria Tore et Matteo Treleani

Publication : fin 2019

L’archive, un mot qui évoquait jadis un « passé poussiéreux » (Chabin, 1996), est revenu depuis quelques années à l’ordre du jour dans les sciences humaines et sociales. « Enregistrements » et « footages », « témoignages » et « mémoire » (la mémoire collective, la mémoire des appareils numériques), « données » (« data ») et « traces », « références » et « dossiers », « héritage » et « patrimoine » : tels sont les mots fétiches de notre présent. Aujourd’hui, on dit « archiver » et non plus « effacer » dans nos dispositifs numériques, l’effacement étant même devenu plus compliqué que l’archivage (Manovich, 2001 ; Hoog, 2009 ; Paolucci, 2013). Certes, « la société toute entière vit dans la religion conservatrice et dans le productivisme archivistique » (Nora, 1984). Mais peut-on dire que l’archivage est désormais un impératif de la « culture numérique » (Doueihi, 2008 ; Ernst, 2013) ? L’affirmation du numérique comme dispositif de démultiplication matérielle est-elle solidaire d’un retour de l’archive, conçue pour assumer des fonctions de stabilisation et d’unification ? Ou au contraire l’archive participe-t-elle elle-même à la ré-éditorialisation des contenus et donc à la production du nouveau (Stockinger, 2015) ? Quoi qu’il en soit, il semble évident que, à l’ère numérique, nous vivons dans une « société de l’enregistrement » (Ferraris, 2013) : toute production digitale est automatiquement archivée, et bon nombre de nos pratiques quotidiennes sont tracées sous la forme de données numériques (Merzeau, 2009). Nonobstant l’incertitude liée à la durée des supports de stockage (le numérique étant l’un des supports le moins durables du point de vue technique — la démagnétisation des disques durs impliquant la perte potentielle des données après quelques années), notre société reste une société de la patrimonialisation massive (Morozov, 2013). Sur un autre plan, l’une des raisons d’être de la (trans)discipline très actuelle appelée « Digital Humanities » (Mounier, 2010) semble reposer aussi sur les ressources des documents disponibles, ainsi que sur les calculs et sur les visualisations que l’on peut effectuer numériquement.
Il nous semble aujourd’hui que, face à de tels enjeux, un questionnement sémiotique peut se révéler éclairant. Il s’agit d’approcher un domaine aux matérialités et aux pragmatiques multiples (dispositifs et interfaces, pratiques de formatage et de lecture, visualisations et référenciations) et aux procédures et aux valorisations stabilisatrices (conservation et collecte d’une part, attachement à l’« original » et au « patrimonial » d’autre part). On sait à quel point l’archive se fonde sur un binôme paradoxal (« mythologique ») : préservation et accès. On sait aussi à quel point chacune des opérations qui lui sont inhérentes est une re-sémiotisation : sélection et valorisation d’une part, re-cadrage et ré-éditorialisation d’autre part, à savoir traduction inter-sémiotique, re-médiation, re-énonciation (Day, 2014). Que l’on songe tout simplement au culte somme toute récent et peu questionné de l’édition du film restauré et patrimonialisé, accessible « finalement » dans sa « meilleure version », qui est souvent dite « director’s cut » : ce dernier est bien un « mythe » (Marie & Thomas, 2008), la version prétendument retrouvée, restaurée et resituée n’étant en général qu’une nouvelle version du film. Préserver et rendre accessible, c’est toujours redéfinir, repenser et refaire.

Ce numéro de Signata vise à questionner l’archive d’un point de vue sémiotique ou sémio-pragmatique — si l’on entend par « sémiotique » non pas une discipline unique, mais une pluralité de manières de questionner le « sens », les formes et les valeurs au sein des disciplines historiques, sociologiques, philosophiques, linguistiques, médiatiques, artistiques, etc. Le but de ce dossier sur les sémiotiques de l’archive est d’essayer de constituer une cartographie qui embrasse — à titre indicatif :

* Les termes et les concepts : les nombreuses déclinaisons et constellations de l’« archive » ; y compris ses idéologies, telles l’autorité ou l’accessibilité. On encourage notamment le repérage des croisements entre de telles constellations terminologiques-conceptuelles et les théories sémiotiques, par exemple l’idée de l’archivage comme ré-énonciation.

* Les pratiques : la distinction critique et critiquable entre archivage et usage d’archives ; l’archivage comme sémiotisation (lecture du « passé » et tactique pour le présent) ; la notion de « sémiophore » de Pomian ; l’analyse scientifique ou la création artistique via les archives.

* Les dispositifs  : approche critique de l’archive et l’interface, ses visualisations, éditions (ou éditorialisations), contextualisations, remédiations ; les liens entre le numérique et l’archive ; la numérisation et l’archivage.

* L’indexation : peut-on archiver tout type de documents au travers des mêmes métadonnées standard (auteur, date, lieu de production, etc.) ou faut-il constituer des archives organisées autrement, par des descripteurs visuels, par exemple, dans le cas des images, selon la proposition de Manovich ? Il s’agit d’une piste qui articule autrement disciplines de l’archive et sémiotique, avec les instruments d’analyse plastique que celle-ci peut proposer à celles-là.

– Les disciplines  : approches différentes, convergentes, polémiques, diplomatiques ; critique des Digital Humanities ; dialectique entre approches qualitatives (deep readings, à la Ginzburg) et quantitatives (distant readings, à la Moretti), concernant la taille des collections d’objets et les postures des sujets des recherches. Il s’agit d’investiguer la manière dont la sémiotique, la science des médiations, peut intervenir dans ce débat des disciplines.

 Plus d’information sur:

http://udpn.fr/spip.php?article293